Le cannabidiol (ou CBD) intéresse la médecine pour ses pouvoirs antalgiques et tranquillisants, sans être addictif. L’ouverture en France de nombreux « CBD shops » depuis 2018, même s’il y manque l’encadrement médical, est de ce point de vue un premier pas. Mais la légalisation du cannabis thérapeutique se fait encore attendre en France, alors qu’il est autorisé depuis dix à vingt ans dans une trentaine de pays. Elle pourrait cependant être mise en place à la suite d’une expérimentation qui commencera en septembre 2020 et durera deux ans.

Qu’est-ce que le cannabis thérapeutique ?

Le cannabis thérapeutique, dit aussi cannabis médical, est un cannabis dont la consommation est encadrée dans les pays où il est légalisé, et qui répond à des normes pharmaceutiques. On fait donc une distinction entre l’usage récréatif du cannabis et son usage médical. Le cannabis thérapeutique est prescrit par un médecin ou par un spécialiste de santé, puis délivré soit en pharmacie, soit dans des établissements autorisés (Coffee shops, Buyers club ou autres clubs selon les pays). Il existe sous différentes formes (gélules, huile, fleurs séchées, tisanes ou sprays) et le taux de THC et de CBD qui le compose varie selon les pathologies ciblées. On trouve aussi du cannabis thérapeutique ne contenant que le principe actif cannabidiol, on parle alors de CBD thérapeutique.

Le cannabis thérapeutique est utilisé dans le traitement de la douleur et couvre un large spectre de pathologies, comme l’ont prouvé de nombreuses expériences à travers le monde. L’OMS a ainsi préconisé son changement de classification pour en simplifier les prescriptions médicales.

Dans quels pays (le cannabis thérapeutique) est-il autorisé ?

Le cannabis thérapeutique est autorisé dans une trentaine de pays. Le Canada ,qui autorise aussi son usage récréatif),les Pays-Bas et Israël (où il est prescrit à des patients atteints de stress-post traumatique ou de cancers) sont les précurseurs dans le domaine depuis 15 à 20 ans. Par la suite, 33 des États-Unis ont suivi, puis le Chili et la Colombie en 2015, l’Argentine, le Mexique, le Pérou, l’Uruguay… Côté Union européenne, 21 pays l’autorisent, comme le Portugal, l’Allemagne ou Chypre. Et la Belgique, où les conditions d’obtention sont cependant très strictes.

Et la France dans tout ça ?

La France a du retard dans le domaine. Pour l’instant, seuls la vente, l’achat et la consommation de CBD avec des traces de THC inférieures à 0,2 % y sont autorisés. Dans de très rares cas et sous surveillance, le Sativex – un spray buccal au CBD et THC de synthèse – peut être délivré.

Une expérimentation thérapeutique prévue pour 2020

Le cannabis thérapeutique va bientôt être testé en France, et ce dès septembre 2020 selon l’ANSM (l’agence nationale de sécurité du médicament). Il s’agira d’une expérimentation d’une durée de deux ans qui concernera 3000 patients. Des personnes souffrant de pathologies graves telles que la sclérose en plaques et l’épilepsie, de douleurs neuropathiques, d’effets secondaires dus à une chimiothérapie ou encore des patients placés en unités de soins palliatifs. Le cannabis médical leur sera seulement prescrit en cas d’échec d’autres traitements existants.

La voie fumée écartée

Les premiers traitements de l’expérimentation viendront sous forme d’huile ou de fleurs de cannabis séchées, parfois de tisanes. La « voie fumée » sera belle et bien exclue du protocole, en regard des effets nocifs que provoque la combustion sur la santé. Les traitements seront prescrits par un neurologue ou par un spécialiste de la douleur au sein d’un centre hospitalier référencé dans les pathologies concernées, puis renouvelables en pharmacie. Les potentiels effets secondaires et la tolérance au produit de chaque patient seront soigneusement étudiés, entre autres le risque d’addiction. Grace au retour des patients qui auront participé à l’expérimentation, différents posologies seront à l’étude, notamment sur le dosage entre les deux principes actifs du cannabis, le THC (dont les effets recherchés sont plutôt psychiques) et le CBD (qui permet une relaxation musculaire).

L’Hexagone pourra-t-il produire son propre cannabis médical ?

Pour le moment, la loi française interdit sur son sol la culture de plants de chanvre dont la concentration en THC excède 0,2 %. D’ailleurs, au-delà de ce taux la plante est considérée comme cannabis. Les deux plantes appartiennent à la même espèce, mais on fait cette distinction en fonction de l’utilisation qui en est faite et du mode de culture. Alors qui va produire le cannabis nécessaire à l’expérimentation française prévue en septembre ? Réponse : à moins qu’un producteur national – la Creuse s’étant déjà positionnée – ne soit en capacité de répondre rapidement aux critères, l’ANSM fera appel à des producteurs étrangers. Par la suite, si l’expérimentation s’avère positive, la production locale sera normalement encouragée.

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