Trouble neurodégénératif le plus répandu après la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson touche 10 millions de personnes dans le monde. Elle concerne principalement les hommes de plus de 50 ans et se caractérise par des tremblements, des problèmes moteurs et des raideurs musculaires. Des troubles qui provoquent aussi dépression et anxiété. La maladie de Parkinson est malheureusement incurable à ce jour, mais il existe des traitements permettant d’améliorer la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes. Parmi eux le cannabis thérapeutique, soulageant de nombreux symptômes et ralentissant la dégénérescence neuronale en cause dans cette maladie.

Maladie de Parkinson : une histoire de dopamine

La paralysie agitante fut renommée maladie de Parkinson en l’honneur du médecin James Parkinson qui la décrivit avec précision en 1817, une date qui marqua l’histoire de la neurologie. Il s’agit d’une maladie neurologique dégénérative atteignant la « substance noire », noyau du système nerveux impliqué dans la motricité. Dans ce noyau vivent des milliers de neurones produisant de la dopamine, qui dans le cas de la maladie de Parkinson, présentent des lésions ou disparaissent. Or la dopamine est un neurotransmetteur chargé de transmettre l’information au striatum, une autre zone du cerveau intervenant dans la régulation du mouvement. Quand la dopamine est produite en quantité insuffisante par cette partie du système nerveux, des troubles se déclenchent progressivement : tremblements, rigidité et mouvements ralentis.
La maladie de Parkinson est souvent confondue avec celle d’Alzheimer. Elle n’entraîne cependant que très rarement des détériorations intellectuelles similaires, même si elle peut être associée à des troubles psychiques ou cognitifs. Certains inhérents à la maladie comme des difficultés de concentration ou d’élocution, d’autres en étant seulement une conséquence tels l’anxiété, la dépression, l’apathie ou l’hypersensibilité.

Comment se déclenche la maladie de Parkinson ?

La dégénérescence des neurones dopaminergiques dans la substance noire est le déclencheur de la maladie de Parkinson. Mais à ce jour on ne sait pas encore exactement comment ces neurones disparaissent dans cette partie du cerveau. Les chercheurs ont découvert des amas de protéines anormaux nommés corps de Lewy sur les cellules nerveuses produisant la dopamine chez les personnes atteintes de la maladie. Certains facteurs pourraient participer à ce phénomène. Parmi eux :

  • l’environnement (exposition prolongée à des produits toxiques type pesticides ou métaux lourds)
  • le stress et la dépression (mais qui est aussi une conséquence de la maladie)
  • un traumatisme crânien
  • des prédispositions génétiques rares
  • une alimentation pauvre en antioxydants
  • l’âge et le sexe (la maladie touche principalement les hommes de plus de 50 ans)
  • la prise de certains neuroleptiques
    Certaines drogues pourraient également être responsables de la destruction de la substance noire dans le cerveau. Au début des années 80, une neurotoxine nommée MPTP présente dans l’héroïne synthétique avait provoqué des syndromes parkinsoniens précoces chez de jeunes adultes. Cette neurotoxine est utilisée sur les grands singes dans la recherche sur la maladie de Parkinson. l’Ecstasy pourrait aussi sur le long terme endommager les neurones dopaminergiques.

Peut-on la prévenir ?

Prévenir la maladie de Parkinson semble difficile, toutefois on peut diminuer les risques de la voir apparaître grâce à une bonne hygiène de vie et en se prémunissant contre le stress. La pratique régulière d’une activité physique est donc recommandée (notamment car elle permet de libérer la dopamine), mais aussi la méditation ou tout autre pratique contribuant à l’équilibre cérébral. Une alimentation saine, riche en oméga 3 et en antioxydants est aussi conseillée, et la théine ou la caféine à dose quotidienne raisonnable contribueraient à maintenir le système dopaminergique en bonne santé. Certaines études démontrent aussi que l’excès de calcium serait un facteur de risque tout comme une flore intestinale malmenée.
Enfin s’exposer à la lumière extérieure au moins 15 minutes par jour pour produire de la vitamine D est primordial, car celle-ci protège les cellules nerveuses. Et bien sûr, éviter l’exposition aux produits toxiques type pesticides notamment quand on travaille en agriculture ou simplement dans notre alimentation.

Soulager la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est irréversible. Mais on peut en soulager et en atténuer les symptômes grâce à une rééducation physique et des traitements dopaminergiques. Mais ces derniers présentent des effets secondaires assez lourds, variant d’une personne à une autre. Pour réduire ces effets indésirables, mais aussi les symptômes de la maladie eux-mêmes, le cannabis thérapeutique est un remède naturel qui utilisé seul ou en complément des autres traitements améliore nettement la santé et le bien-être des personnes atteintes de Parkinson.

Les traitements dopaminergiques

Les traitements anti-parkinsoniens sont prescrits par un neurologue. Il s’agit majoritairement de traitements médicamenteux précurseurs de la dopamine type Modopar, le plus efficace dans l’amélioration des troubles moteurs. Ce type de traitement permettant de synthétiser la dopamine peut rester efficient tout au long de la vie avec des ajustements de dosage réguliers. Il existe aussi des traitements dits agonistes, qui viennent mimer l’action de la dopamine, ou bloquer sa dégradation.
Ces différents traitements peuvent être pris par voie orale, mais aussi sous forme de patchs, ou par voie sous-cutanée grâce à de petites pompes ou stylos injecteurs.
Ils présentent malheureusement divers effets secondaires notamment des dyskinésies (des mouvements involontaires), des nausées ou des troubles du comportement. Parmi ces derniers ont été observés des comportements addictifs comme le grignotage, l’hyper-sexualité ou des envies d’achat compulsives.

La rééducation physique et orthophonique

En plus du traitement médicamenteux, une rééducation physique avec un kinésithérapeute apporte un réel mieux-être, tout comme une pratique sportive. Il s’agit d’une maladie motrice, il faut rester en mouvement. Le fait de bouger limite raideurs et douleurs, mais rend aussi à la personne atteinte de cette maladie confiance en elle. Il en va de même avec la rééducation orthophonique, réduisant les troubles de la parole et de la déglutition, et assouplissant les expressions faciales. Ces thérapies permettent au patient de ne pas se replier sur lui-même et de continuer à mener une vie normale.

Le traitement chirurgical

Dans certains cas difficiles, une stimulation cérébrale profonde (SCP), pourra être proposée au patient. Elle consiste en l’implantation d’électrodes de chaque côté du cerveau dans la zone subthalamique, par deux petits orifices pratiqués dans le crâne. Cette opération concerne 5 à 10 % des cas et dépend de la motivation du patient.

Le cannabis thérapeutique

De plus en plus d’études mettent au jour les bénéfices du cannabis thérapeutique dans la maladie de Parkinson. Ceux-ci sont nombreux, à commencer par l’action anti-inflammatoire du cannabidiol ralentissant la progression de la maladie, mais aussi ses effets anti-douleurs, apaisants et régulateur d’humeur. De plus en plus de malades témoignent du changement radical dans leur bien être lié à un traitement au CBD thérapeutique pour Parkinson.

Cannabis thérapeutique et Parkinson

Suite à la crise sanitaire, les tests sur l’usage du cannabis thérapeutique auront finalement lieu en France d’ici janvier 2021, à l’hôpital de la Timone. Si ceux-ci sont concluant, le remboursement des produits à base de cannabidiol prescrits dans le cadre d’une maladie pourrait être envisagé. D’ici là les personnes souffrant de la maladie de Parkinson peuvent légalement se procurer en France des produits à base de CBD dont le taux de THC n’excède pas 0,02 %. Voici leurs principales vertus pour lutter contre cette maladie :

Ralentir la progression de la maladie
Le premier impact notoire du cannabis sur Parkinson et notamment du CBD est son action anti-inflammatoire sur les neurones endommagés dans la maladie. En effet l’inflammation est une réaction naturelle de l’organisme visant à détruire les cellules endommagées potentiellement dangereuses pour les cellules saines alentour. Mais si l’inflammation persiste elle peut atteindre les cellules saines, comme c’est le cas dans la maladie de Parkinson. Le CBD vient alors jouer un rôle de régulateur dans cette réponse immunitaire, puisqu’il renforce notre système endocannabinoïdien, responsable de l’homéostasie cellulaire de notre organisme (c’est à dire de son équilibre interne). La dégénérescence neuronale induite par la maladie de Parkinson se voit ainsi réduite.

Réduire les tremblements
Notamment par son effet anxiolytique et relaxant, le CBD peut aussi atténuer les tremblements musculaires liés à la maladie de Parkinson, qui en sont les principaux symptômes. Grâce au CBD il a été observé, entre autre lors de tests au département de gérontologie de Sao Carlos au Brésil, une réduction de la fréquence et de l’amplitude des tremblements chez les volontaires de l’étude. Le CBD a un effet apaisant pour le système moteur.

Soulager les douleurs
Les vertus antalgiques du CBD ne sont plus à démontrer, et le Sativex – médicament aux extraits de CBD et de THC – est reconnu et utilisé en spray lingual pour son effet rapide. Il est autorisé pour traiter la sclérose en plaques, mais un médecin peut décider de le prescrire dans le cadre de la maladie de Parkinson.
L’application d’un baume au CBD en massages procure aussi un soulagement sur les raideurs musculaires dont souffrent les malades de Parkinson.

Réduire les effets secondaires des traitements dopaminergiques
Par son effet sédatif léger, son action contre les tremblements et ses propriétés anti-inflammatoires, le CBD peut dans certains cas être utilisé comme substitut des traitements dopaminergiques type Modopar. A défaut, il est très efficace pour lutter contre les effets secondaires de ces derniers, notamment la dyskinésie, ces mouvements involontaires handicapants pour le patient.

Soigner la dépression et l’insomnie
Les effets anxiolytiques et sédatifs léger du CBD améliorent enfin la qualité de sommeil des personnes atteintes de Parkinson, tout comme la relaxation musculaire qu’il procure. De même, le CBD est un bon allié contre la dépression engendrée par la maladie de Parkinson, et pour retrouver une vie sociale normale, sans s’enfermer dans l’exclusion.

Cannabis et Parkinson : quel dosage ?
Le dosage de CBD quotidien en traitement contre la maladie de Parkinson varie d’une personne à l’autre. L’idéal est de débuter par un dosage à 15 mg sur une semaine puis d’augmenter jusqu’à un dosage où l’on ressent un bénéfice maximal. Ensuite, il est préférable de le garder constant, en choisissant un CBD biologique de qualité supérieure à spectre complet. Il pourra être administré sous forme de gélules, huile, spray ou vape. La concentration en CBD étant différente pour chaque produit il convient de faire ses calculs. 160mg/jour est la dose maximale recommandée mais certaines études ont fait des tets à 300 mg sur certains patients atteints de Parkinson. Seul un médecin pourra vous accompagner sans danger dans cette démarche.

Précautions
Le cannabidiol peut réduire les effets de certains médicaments prescrits dans la cure contre Parkinson. Il est donc impératif d’avertir son médecin avant de prendre un supplément a base de cannabis thérapeutique pour Parkinson.

Témoignages
Effets positifs sur le sommeil, l’anxiété, les tremblements … Sur la toile et dans de plus en plus de reportages sur le sujet, des malades de Parkinson et leurs proches témoignent de l’amélioration de leur qualité de vie grâce au cannabis thérapeutique. Moins visible car bénéfiques sur le long termes, les vertus anti-inflammatoires du CBD sur la maladie de Parkinson font l’objet de plus en plus d’études démontrant son efficacité dans le ralentissement de la maladie.

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